Réglementation ACM

Déclaration TAM 2026 : le guide complet pour les organisateurs ACM

Par Aurélien Darche, Avocat au barreau de Paris, CEO cabinet-avocats DIG 14 min de lecture Mis à jour le 23/05/2026
Déclaration TAM (téléservice ACM) : guide complet 2026

Photo : Pexels, licence gratuite (usage commercial)

TAM (téléservice Accueils de Mineurs) est le portail unique du ministère chargé de la jeunesse pour déclarer un accueil collectif de mineurs. Maîtriser TAM, c'est sécuriser sa réglementation, ses contrôles d'honorabilité et son lien avec la DDETSPP. Voici le guide pas à pas pour 2026, avec les pièges fréquents et les bonnes pratiques.

La déclaration des accueils collectifs de mineurs (ACM) auprès des services de l'État est obligatoire depuis 2002. Depuis 2014, elle se fait via le téléservice TAM (Téléservice Accueils de Mineurs) sur jeunes.gouv.fr. En 2026, TAM est l'épine dorsale de votre conformité ACM : c'est lui qui déclenche le contrôle d'honorabilité, qui formalise votre projet pédagogique, qui rend visibles vos accueils aux DDETSPP. Ce guide synthétise tout ce qu'un directeur ou un organisateur doit savoir.

SourceProcédure officielle TAM, ministère chargé de la jeunesse : portail TAM jeunes.gouv.fr. Cadre réglementaire : article R227-2 du CASF (Légifrance R227-2).

Qui doit déclarer sur TAM

L'obligation de déclaration vise tous les organisateurs d'ACM, qu'il s'agisse de :

  • Collectivités territoriales (communes, communautés de communes, syndicats intercommunaux)
  • Associations loi 1901 (fédérations d'éducation populaire, associations locales)
  • Personnes morales de droit privé (entreprises, SARL, SAS organisant des séjours)
  • Personnes physiques organisant un accueil à titre indépendant

Le seuil de déclaration est défini par l'article R227-1 du CASF : un accueil de loisirs sans hébergement doit être déclaré dès qu'il accueille au moins 7 mineurs pendant au moins 14 jours par année scolaire et sur un effectif minimum d'une heure par jour. Un séjour de vacances avec hébergement doit être déclaré dès qu'il accueille au moins 7 mineurs pendant au moins 4 nuits consécutives.

Les deux fiches : initiale et complémentaire

La fiche initiale (déclaration prévisionnelle)

La fiche initiale est déposée à l'avance et contient les éléments structurants de votre accueil :

  • Identité de l'organisateur (raison sociale, SIREN, représentant légal)
  • Type d'accueil (ALSH, séjour, accueil de jeunes, accueil de scoutisme)
  • Période prévisionnelle et lieu d'accueil
  • Effectif prévisionnel (nombre de mineurs maximum, tranches d'âge)
  • Projet éducatif (uploadé en PDF)
  • Identité du directeur (nom, prénom, qualification BAFD ou équivalent)

Délais : deux mois avant le début pour un séjour, six mois avant le 1er septembre pour un accueil de loisirs annuel.

La fiche complémentaire (à jour des encadrants)

La fiche complémentaire vient préciser :

  • Liste nominative des encadrants déclarés (nom, prénom, date de naissance, qualification, fonction)
  • Effectif réellement prévu
  • Modalités d'accueil détaillées

Délai : au plus tard huit jours avant le début effectif de l'accueil. Cette fiche déclenche le contrôle d'honorabilité (FIJAISV, FIJAIT, B2) par la DDETSPP.

À retenirUne fiche initiale sans fiche complémentaire ne sert à rien. Une fiche complémentaire déposée moins de 8 jours avant l'accueil expose à un contrôle d'honorabilité non bouclé à temps : l'organisateur engage sa responsabilité.

Ouvrir un compte TAM

Le compte TAM se demande sur jeunes.gouv.fr, section « Espace organisateur ». Vous fournissez :

  • Identité de l'organisateur (statut juridique, SIREN/SIRET)
  • Coordonnées (adresse, téléphone, email)
  • Identité du représentant légal
  • Pièces justificatives (statuts pour une association, extrait Kbis pour une société)

L'instruction de la demande de compte prend entre 5 et 15 jours ouvrés selon les départements. Anticipez : ouvrir un compte la veille de la déclaration ne fonctionne pas.

Erreurs fréquentes lors de la déclaration TAM

Erreur 1 : déposer trop tard

Le délai de huit jours pour la fiche complémentaire est un délai minimum, pas un objectif. Visez quinze jours avant le début. Une DDETSPP qui reçoit votre fiche à J-8 et qui détecte un problème (qualification erronée, encadrant manquant) n'aura pas le temps de vous laisser corriger sereinement.

Erreur 2 : mal qualifier vos animateurs

Le BAFA est BAFA. Pas « équivalent BAFA » sans avoir vérifié la liste de l'arrêté du 9 février 2007. Un CAP Petite enfance n'est pas équivalent BAFA pour l'animation ; une licence STAPS sans la mention requise n'est pas équivalente. Saisir une fausse équivalence sur TAM expose à un signalement de non-conformité.

Erreur 3 : uploader un projet éducatif générique

Le projet éducatif est un document personnalisé qui décrit les orientations éducatives de l'organisateur (valeurs, principes pédagogiques, intentions sur la place de l'enfant et de la famille). Un projet éducatif copié d'un modèle générique ou non daté est immédiatement repéré par les agents DDETSPP.

Erreur 4 : sous-déclarer l'effectif

Déclarer 30 enfants pour ne pas avoir à se conformer aux obligations renforcées des accueils de 50 et plus est une fraude. En cas de contrôle inopiné montrant 55 enfants présents, les sanctions sont automatiques.

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Comment TAM s'articule avec les contrôles DDETSPP

La DDETSPP, à partir de TAM, programme ses contrôles. Trois types de contrôles existent :

  • Contrôle sur pièces : la DDETSPP analyse votre fiche initiale et complémentaire, et peut demander des compléments par mail
  • Contrôle sur place programmé : visite annoncée à l'avance, généralement en début de séjour, pour valider le démarrage
  • Contrôle inopiné : visite non annoncée, pendant l'accueil. C'est le contrôle le plus craint, et le plus formateur

Toutes les déclarations TAM ne donnent pas lieu à un contrôle physique. Le ciblage DDETSPP privilégie les nouveaux organisateurs, les accueils signalés (plainte parent), les structures à effectif important, et un échantillon aléatoire.

Modifier sa déclaration en cours d'accueil

Tout changement significatif en cours d'accueil doit faire l'objet d'une mise à jour TAM :

  • Ajout d'un encadrant en cours de séjour (remplacement, renfort)
  • Modification de la période ou du lieu
  • Changement de directeur (très exceptionnel, requiert justification)
  • Modification importante de l'effectif (à la hausse ou à la baisse de plus de 20%)

La mise à jour se fait sur TAM, dans les meilleurs délais (en pratique, dans les 48 h suivant le changement).

Sanctions en cas de non-déclaration ou de déclaration tardive

L'article L227-12 du CASF prévoit, pour le fait d'organiser un accueil sans avoir procédé à la déclaration ou en violation d'une mesure d'opposition, une peine d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. Au-delà des sanctions pénales, l'administration peut prononcer une fermeture administrative immédiate de l'accueil non déclaré.

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Bonnes pratiques opérationnelles

  1. Tenez un calendrier des dépôts TAM : pour un organisateur saisonnier, le calendrier annuel des fiches initiales et complémentaires se construit en début d'année et se met à jour à chaque évolution.
  2. Archivez systématiquement les accusés de réception TAM (PDF horodaté). En cas de contrôle inopiné, ce sont vos premiers éléments de preuve.
  3. Mettez en place un binôme administratif : un directeur, un assistant administratif. Le passage de relais (vacances, maladie) doit pouvoir se faire sans rupture de service.
  4. Anticipez les remplacements : prévoyez en début de saison une réserve d'animateurs déclarables en mise à jour rapide.
  5. Lisez les retours DDETSPP : chaque retour, même purement administratif, contient des indices sur l'attention portée par votre département à tel ou tel point. Capitalisez sur ces retours.

Outils numériques d'aide à la déclaration

Le portail TAM est un outil de saisie. Il n'est pas un outil de gestion. Pour les organisateurs avec plusieurs accueils par an, les logiciels métier ACM permettent typiquement de :

  • Pré-remplir la fiche initiale et complémentaire à partir de votre base interne (encadrants, qualifications, projets pédagogiques types)
  • Exporter dans le format attendu par TAM (XML ou CSV selon les modules)
  • Tracer les déclarations avec horodatage
  • Programmer des alertes calendaires (J-30, J-15, J-8)

Un tel outil ne remplace pas la connaissance de la réglementation. Il fiabilise la procédure et libère du temps pour le travail éducatif réel.

Conclusion

TAM n'est pas une corvée administrative à expédier en bout de chaîne. C'est l'épine dorsale de votre conformité, le déclencheur du contrôle d'honorabilité, le canal officiel de votre projet pédagogique vers l'État. Un directeur qui pilote TAM avec sérieux gagne du temps, du sommeil et de la sérénité sur le reste de la chaîne.

Questions fréquentes

Quel est le délai minimum pour déposer la fiche complémentaire TAM ?

Huit jours avant le début effectif de l'accueil. C'est un minimum réglementaire ; les bonnes pratiques recommandent quinze jours pour laisser à la DDETSPP le temps de signaler une anomalie.

Faut-il déclarer un mini-camp organisé par un ALSH dans le cadre de ses activités annuelles ?

Oui dès lors qu'il comprend au moins 4 nuits consécutives et au moins 7 mineurs. Le mini-camp est un séjour de vacances et fait l'objet d'une déclaration TAM distincte de l'ALSH déclaré par ailleurs.

Que faire si je dois remplacer un encadrant à la dernière minute ?

Effectuer une mise à jour TAM dans les meilleurs délais, idéalement avant l'arrivée du remplaçant. La DDETSPP peut bloquer un encadrant non déclaré en cours de contrôle, ce qui désorganise l'équipe.

Un accueil de scoutisme doit-il être déclaré sur TAM ?

Oui, sous le régime de l'accueil de scoutisme (article R227-1 CASF). Les mouvements de scoutisme agréés disposent d'un régime de déclaration adapté, mais l'obligation TAM demeure pour les activités collectives répondant aux critères.

Le projet éducatif est-il obligatoire à chaque fiche initiale ?

Il doit être disponible et conforme. Pour un organisateur qui dépose plusieurs fiches initiales sur l'année, le projet éducatif unique peut être utilisé tant qu'il reste à jour. Une révision annuelle est recommandée.

Combien de temps conserver les accusés de réception TAM ?

Au minimum cinq ans à compter de la fin de l'accueil. Pour les organisateurs prudents, dix ans (alignement sur les durées de prescription des principales infractions liées aux mineurs).

Puis-je déléguer la déclaration TAM à un prestataire externe ?

La déclaration peut être saisie par un tiers (cabinet comptable, prestataire ACM), mais la responsabilité juridique reste celle de l'organisateur. Le compte TAM est nominatif et engage l'organisateur déclarant.

Que faire en cas d'oubli total de déclaration ?

Régulariser immédiatement, en déposant les fiches initiale et complémentaire avec mention de la régularisation. La DDETSPP appréciera la situation. Un oubli isolé sans intention frauduleuse est généralement sanctionné par un avertissement administratif. Un oubli systématique constitue le délit prévu à l'article L227-12 (un an, 15 000 euros).

Le portail TAM accepte-t-il les modifications après le début de l'accueil ?

Oui, les mises à jour sont possibles à tout moment. Elles sont obligatoires pour tout changement substantiel (encadrant, période, lieu, effectif).

Y a-t-il un seuil d'effectif au-delà duquel les obligations sont renforcées ?

Oui. Pour les ALSH de 50 mineurs et plus, le directeur ne compte plus dans l'effectif d'encadrement. Pour les accueils de 100 mineurs et plus, des obligations supplémentaires en matière de restauration et de sanitaire s'appliquent. Le seuil de déclaration à la commission de sécurité varie aussi selon la capacité du local.

À propos de l'auteur

Aurélien Darche, Avocat au barreau de Paris, CEO cabinet-avocats DIG

Avocat au barreau de Paris, spécialisé droit de l'éducation et droit des associations. Expert reconnu des ACM, ancien conseil juridique d'une fédération nationale d'organisateurs.

Article vérifié par notre expert juridique Aurélien Darche. Dernière mise à jour : 23/05/2026.

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